Née en 1988 à Rio de Janéiro. Vit et travaille à Paris.

CONTACT

medin.eva@gmail.com / / 06 20 16 02 41


TEXTES


Claire Moulène, Curatrice au palais de Tokyo, Paris. À l'occasion du 64 eme Salon de Montrouge

Ce n’est pas un hasard si les oeuvres d’Eva Medin empruntent à l’esthétique des premiers films SF et déploient des trésors de trucages illusionnistes dont ces ovnis d’avant les effets spéciaux regorgeaient alors. Prenez par exemple, « Smars » (contraction de Smarties et de Mars ?), petit bijou de 7 minutes tourné dans une crèche où la moyenne d’âge de la tribu extraterrestre avoisine les deux ans et demi, batifole dans des décors de carton-pâte plus vrais que nature et semble pris au piège d’un scénario qui bégaye jusqu’au crash final.

Il est question dans ce film de « la survie de l’espèce » s’amuse l’artiste qui en ethnologue de proximité a passer de longs mois à étudier l’expressivité corporelle de cette communauté miniature (qu’elle a doté dans son film de casques de cosmonautes pour mieux révéler leurs gestuelle) aussi peu stéréotypée que la plus lointaine tribu aborigène. (...)

Cet usage récurrent de la contrefaçon, de la synecdoque et des chimères, Eva Medin la doit peut-être à un inconscient familial qui s'est bâti autour des activités passées de son propre père un temps tenancier, au Brésil, d'un café théâtre où se produisaient des spectacles de mime.

Racontée au détour de la conversation, cette anecdote biographique a sans doute son importance tant il s’agit aussi pour Eva Medin de déployer un vocabulaire primaire, aussi efficace qu’un haïku par exemple et ses effets d’extrême condensation, et de ne jamais dissimuler les artifices et la cuisine interne pour pour mieux déclencher chez le spectateur, exactement comme dans la pantomine, des émotions fondées sur l’empathie.


Marion Zilio, critique d'art.

À l'occasion de la publication du livre d'artiste pour les 5 ans du prix "révélation" de la fondation EMERIGE. Texte Co-écrit.

Pendant mon enfance au Brésil, j’ai baigné dans le monde du cabaret et de la représentation muette. Mon père était mime et j’ai très tôt été influencée par cette manière de raconter des histoires par le langage du corps. Ce n’est certainement pas un hasard si je me suis orientée vers la scénographie et les collaborations avec des chorégraphes, et que j’élabore désormais une œuvre à la frontière de l’installation, du décor de théâtre, du cinéma et des espaces immersifs. Je cherche à proposer des structures narratives qui s’éprouvent physiquement et qui s’appréhendent de façon intuitive par la médiation de tous nos sens. Ces expériences kinesthésiques ancrent ma démarche dans certaine écologie de la pensée, où prime l’idée de transmission, de relations et de maillage entre les individus et le monde. C’est pourquoi je m’intéresse aux formes courtes de récits, tels que les contes ou les mythes, qui offrent par leur accessibilité une lecture sociale et intemporelle de notre époque. La culture pop et la science-fiction me permettent également de « fictionner le réel pour mieux le penser », en produisant des récits spéculatifs ou d’anticipations qui nous incitent à envisager des possibles. De ces petits récits, nous pouvons en composer de plus grands, en se demandant par exemple, comment nous pourrions réinventer des modèles de relations les uns avec les autres et avec notre environnement.

Je suis sensible aux esthétiques désuètes ou dites naïves, que je retrouve dans l’imaginaire nostalgique et utopiste de l’enfance. Loin des discours officiels, il y a pour moi une fantaisie et une justesse dans le regard de « celui qui ne sait pas et qui questionne ». Mes œuvres tentent ainsi de réveiller cette mémoire cristallisée, où se loge la part refoulée du merveilleux. Ces détours m’autorisent à traiter de problématiques graves, tout en conservant la légèreté et parfois la cruauté de l’innocence. En dépit de ce cadre angélique teinté d’absurde, mes œuvres n’en présentent donc pas moins des mondes où règnent l’échec et le krach. La fragilité, la chute ou les dysfonctionnements me permettent de mettre en scène des visions dystopiques non désabusées, car il me semble important de préserver cette cohabitation délicate entre une forme d’inquiétude quant à l’avenir avec une attention bienveillante sur l’espèce humaine.


Gaël Charbau. Commissaire et critique.

Dans le cadre d'une invitation carte blanche. Cité des sciences et de l'industrie, 2017

Après avoir expérimenté l’espace en deux dimensions de la feuille et du dessin, Eva Medin s’est orientée vers des recherches sur le corps et sa projection dans l’espace scénique, en collaboration avec des chorégraphes, alors qu’elle était encore étudiante à l’école d’art de Monaco. Depuis la fin de ses études aux arts décoratifs à Paris, son travail s’est principalement concentré sur la création d’environnements et de parcours sensoriels immersifs. Beaucoup de ses œuvres s'inspirent des ambiances impressionnantes produites pour les films de science-fiction où le recours aux maquettes, au travail de la lumière et aux effets spéciaux est indispensable. Pour Science Actualités, Eva Medin a imaginé « Orbital Drama », une sculpture qui traduit cette inquiétude grandissante vis-à-vis des débris en orbite autour de la terre, véritables dangers pour les engins spatiaux opérationnels. Sur le modèle du mobile pour enfant qui rassure et apaise, celui que l'artiste propose est au contraire teinté d'ironie et d'inquiétude. Après avoir disséminé des déchets aux quatre coins de la planète, l'homme fait désormais planer la menace directement au-dessus de sa tête. Mais la fascination presque enfantine pour la conquête de l'espace reste entière : c'est le sens des divers objets hétéroclites qui composent l'installation, baignés par une lumière théâtrale qui projette leurs ombres fantasmatiques et menaçantes... Parallèlement au mobile, l'artiste présente dans les vitrines des objets qui prolongent l'installation en remettant en scène des fragments qui la composent, comme si l'on focalisait notre regard sur la case d'une bande-dessinée, dont l'ensemble de l'installation serait la page. L'artiste en profite pour adresser un clin d'oeil aux nombreux objets que l'on peut découvrir à la cité des sciences et de l'industrie, qui finiront peut-être eux-mêmes un jour en orbite...

Gaël Charbau


Ingrid Luquet-Gad. Critique d'art.

Dans le cadre de l'exposition En formes de vertiges. Révélation Emerige 2017

En équilibre sur un fil qui relierait la vidéo et la sculpture, les installations immersives d’Eva Medin déploient l’imaginaire étrange et familier de lieux inscrits dans la mémoire collective. A la manière de Georges Perec déclarant écrire Espèces d’espaces comme le « journal d’un usager de l’espace », l’artiste brésilienne basée à Paris développe un univers sensoriel où l’observation de son environnement proche menace à tout moment de perdre pied et basculer dans une fiction hallucinée. De ses études conjointes en arts plastiques et en arts décoratifs lui est restée l’ouverture à la versatilité, travaillant selon une palette d’influences englobant aussi bien le théâtre, le cinéma ou la bande dessinée. Plus précisément, c’est à une narration séquentielle, telle qu’on la trouve dans la bande dessinée mais aussi dans le montage additionnel du cinéma, qu’elle arrime ses expérimentations spatiales. A l’intérieur d’une même installation, les différentes parties s’augmentent mutuellement, se répondent, se contredisent, se complètent – en un mot, construisent une séquence processuelle où le sens est toujours en transit. Chacun de ces environnements se donneraient alors plutôt à appréhender comme un parcours dans l’espace, où l’investissement du corps construit autant de signification possible qu’il y a de singularités l’éprouvant. De même, entre les différents projets de l’artistes se trame une chaîne ouverte et potentiellement infinie de réappropriations et de recontextualisation, où les décors d’une vidéo génèrent une installation, qui elle-même donnera naissance à un film. Pour Emerige, Eva Medin part également de l’espace qui l’accueille, prélevant dans l’architecture un élément bien précis : le patio. Là, dans ce motif connotant l’opulence sociale et sa mise en visibilité théâtrale, l’artiste trouve la qualité de signe lui permettant d’embrayer sur une extrapolation dramatique et fictionnelle. Brouillant les frontières entre intérieur et extérieur, perception et imagination, le motif du ciel artificiel, paysage de fumée et de lumière, réactive les croyances ancestrales à un au-delà, à moins qu’il ne s’agisse d’un déjà-vu provenant de films de science fiction iconiques. Qu’il soit mythique, divin, apocalyptique ou tout simplement artistique : peu importe la croyance, pourvu qu’il y ait le transport.

Ingrid Luquet-Gad


Emerige Mécénat / 2017

Eva Medin est née en 1988 à Rio de Janeiro. Diplômée du pavillon Bosio et de l’ENSAD Paris, elle recrée dans ses courts-métrages et ses installations des ambiances mystérieuses, des atmosphères éthérées qui évoquent souvent la possibilité de l’existence de mondes parallèles et la recherche effrénée d’une survie extraterrestre. Dans l’épaisse vapeur d’une nuée de gaz toxique verte ou bleu électrique, les mises en scène d’Eva Medin se déploient comme les témoignages d’un échec futur de la conquête spatiale. L'artiste souligne ainsi l'obsession insensée pour la quête d’un ailleurs où l’homme n’est peut-être pas fait pour aller. Une réflexion sur la survie de l’espèce pour le moins actuelle.


Emerige Mécénat / 2017

Née en 1988 à Rio de Janeiro, Eva Medin est diplômée du pavillon Bosio et de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Plasticienne et vidéaste, elle se consacre surtout à la réalisation de courts-métrages, d’installations lumineuses et de chorégraphies contemporaines. Jouant tour à tour sur les effets de son, de lumière et de spatialité, le travail d’Eva Medin témoigne souvent d’une ambiance sombre et mystérieuse aux contours futuristes, faisant directement écho aux émotions intérieures des spectateurs qui les contemplent. Influencée par Jacques Tati, Pierre Ardouvin ou encore Philippe Quesne, elle a notamment collaboré avec les chorégraphes Jean-Christophe Maillot, Jeroen Verbruggen et Mathilde Monnier. Eva Medin vit et travaille à Paris.


BIO


FORMATION

2013 : Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris.

2011 : Ecole Supérieure d'art plastique de Monaco, DNSEP


EXPOSITIONS PERSONELLES

  • Storm Square. Artist Run Space, Cité Internationale des Arts, 2019
  • Stom Station. Nuit Blanche 2018. Piscine Rouvet, Paris, 2018
  • La jeune théorie des abymes Le confort moderne, Poitiers, 2018
  • Orbital Drama Cité des sciences et de l'industrie / Sur une invitation - Carte blanche- du commissaire Gaël Charbau, 2017
  • Artorama, Showroom, Inventeurs d'aventures, Friche la Belle de Mai, 2017
  • Solstice, Galerie Espace à Vendre, 2017, Nice
  • Cratch 109, Halle 109, Nice. 2016

EXPOSITIONS COLLECTIVES

  • 64ème salon de Montrouge. Montrouge, 2019
  • D’un soleil à l’autre. Base navale de Bordeaux, 2019
  • Recall from space age. Point commun, Annecy, 2018
  • Not all There. Galerie Human Resource, Los Angeles, 2018
  • Drawing Now art-fair. Galerie Isabelle Gounot, 2018
  • Galerist art fair. Le carreaux du temple, Paris
  • En forme de vertige. Bourse révélation Emerige 2017, Paris
  • Stories from Nowhere. Centre d’art Bastille, Grenoble. 2017
  • MoCa. Taipei, Festival Ovni, 2017
  • Architecture invisible screening. The Swich Church, London, 2017
  • Garder le Cap. Galerie Valerie Delaunay, Paris, 2017
  • Figure Sonore. Espace Squaresquare, Paris, 2017
  • La rélève. Exposition de l’AAEEnsadn, Crédit municipal, Paris, 2016
  • Géant. Galerie Beaurepaire, Paris, 2014

PRIX- COLLECTIONS

  • Collection Frédéric de Goldschimdt. Acquisition de Waste Strata et l'Europe après la pluie
  • Nominée aux Audi Talents Awards 2019
  • Nominée au prix Talent contempotain. Fondation François Schneider 2019
  • Lauréate du prix Pierre Gautier-Delaye 2017
  • Nominée aux Audi Talents Awards 2018
  • Nominée à la Bourse révélation Emerige 2017

RESIDENCES

  • Villa Bellevile. Paris, septembre 2019 - mars 2020
  • Cove Park. Ecosse, octobre 2019
  • Base sous-marine de Bordeaux. 2019
  • Cité Internationale des Arts. Paris, 2018 / 2019
  • Cité Internationale des Arts. Paris, 2017 / 2018
  • Galerie Espace à Vendre, Nice, 2017
  • Chantier 109-Les abattoirs, Nice, 2016
  • Le 116. Centre d'art contemporain de Montreuil, 2014

AUTRES EXPÉRIENCES

  • Interprète chorégrapique pour Mathilde Monnier, Qu’est-ce qui nous arrive, 2014
  • Assistante de l'artiste Yvan Argote, Galerie Perrotin, Paris, 2014
  • Actrice dans le film Fairy queen de Jean paul civeyrac, 2013
  • Assistante scénographe pour l’artiste Camille Henrot, Triennale, Palais de Tokyo, 2012
  • Collaboration avec le chorégraphe Jean-Christophe Maillot, Ballets de Monte-Carlo, 2011
  • Collaboration avec le chorégraphe Jeroen Verbruggen, Ballets de Monte-Carlo, 2011



Copyright © All rights reserved.
Using Format